Du 22 novembre au 20 décembre 2008
Laurette Atrux-Tallau, Benoist Bouvot, Marcel Dinahet, Julia Garbuzova, Graham Gussin, Nicolas Kozerawski, Rolf Julius, Emmanuel Lagarrigue, Jean-Claude Ruggirello, Christophe Sarlin, Milan Tutunovic
Les bruits qui courent ont-ils des jambes ? Et le mur du son, de quoi
est-il fait ? Qu’est-ce qu’un son ? Comment rendre compte du phénomène
sonore ? Les réponses des techniques modernes d’enregistrement sonore,
dans leur évidence technicienne, ne sont qu’un leurre. Le son est
volume, intensité, fréquence, bien sûr, mais également bien autre
chose. Pour démonter nos préjugés perceptifs, il faut décaler le point
de rencontre entre notre corps et le phénomène sonore. C’est ce
décalage que les œuvres réunies dans au Frac tentent d’explorer et
d’exploiter. L’hybridation des pratiques plastiques et sonores est un
élément important de la création contemporaine. Elle ouvre un large
champ d’expérimentations et sollicite les médiums les plus variés. La
musicalité d’objets insolites, les possibilités sonores du corps, la
prise de conscience de notre environnement sonore ou encore les
possibilités inexploitées du son sont ainsi passées en revue.
Les conditions de production, de diffusion, de réception du phénomène
sonore sont interrogées par les artistes. Le son est matière. Oui,
mais laquelle ? Quelle explosion intime et inouïe en est la cause ?
Choc ou onde ? Hasard ou préméditation ? Le son affecte notre
matérialité bien au-delà de l’ouïe. Le son peut se montrer. Il peut
être image et se prête au jeu de sa figurabilité. Mais on le débusque
parfois simplement dans sa non-coïncidence avec la figure. L’œil bien
sûr est sollicité, mais pas seulement, c’est tout le corps dans sa
structure autant que dans sa surface qui est affecté par la vibration
sonore. Un bruit qui court… propose donc une rencontre entre le corps
et le son en interrogeant sa perception par tous nos sens. Sans oublier
que le corps est aussi producteur de bruits : lui aussi s’exprime en
sons, rythmes de vie, murmures de l’être ou explosions de colère.
Enfin, les bruits, comme les odeurs, sont des marqueurs du quotidien,
des points de repères sociaux, temporels et géographiques, une
signalétique intime des lieux et des moments. Et notre sensibilité aux
usages sociaux du son est quasi-infinie. Nous savons bien que telle
vaisselle cassée peut révéler une rupture infiniment plus grave que la
simple dislocation de sa matière…
Yann Chevalier
Une proposition des étudiants de Master 2 CGDOAXX - Université Paul Valéry
http://www.myspace.com/expounbruitquicourt
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